Ardéchoise 2017 en 3 jours

 

En cet estival mercredi 14 juin, quatre cyclistes se retrouvaient en début d’après midi pour partir vers l’Ardèche et sa célèbre cyclo, avec un programme de trois étapes, un total de 584 Kms, 29 cols à franchir et un dénivelé de 9650m. Francis ( Richarte ) et Patrice ( Avallone ) dans une voiture, Stéphane ( Fréry ) et Emmanuel ( Crespin ) dans une autre,  prenaient la direction de l’A9, puis l’A7 afin de retrouver un cinquième larron, Eric ( Conéjéro ), parti en éclaireur en camping-car quelques jours plus tôt. A la sortie d’autoroute, passage par l’Hôtel au nom exotique, La Batida de Coco, situé en bordure de la N7 pour y déposer les affaires, avant de partir sur St Félicien. Une fois sur place, c’est le traditionnel passage par le village départ, puis le retrait des plaques de cadre, puces de chronomètre et les sacoches remplies de documentations et échantillons publicitaires. Les sacs que l’organisation doit faire suivre dans les 2 lieux de nuitée sont déposés, et après avoir donné rendez-vous à Eric pour le lendemain, les quatre compères regagnent Pont d’Isère ou les attendent un copieux repas, mais également une désagréable surprise; en effet, la N7 est en cours de réfection et des engins sont garés à proximité de l’hôtel. Manque de chance, le goudronnage va durer une bonne partie de la nuit, et le bruit engendré associé à un réveil à 5h30 ne sera pas la meilleure façon de préparer la première journée de ce périple ardéchois, en particulier pour Francis qui n’aura quasiment pas réussi à fermer l’oeil de la nuit .

jeudi 15 juin 2017 : St Félicien – St Rémèze  ( 215Kms )

C’est le grand jour, l’aboutissement de mois intenses de préparation et l’envie maintenant de s’élancer dans ces vertes montagnes ardéchoises. Après avoir regagné St Félicien et retrouver Eric, les cyclistes franchissent la ligne de départ à 7h30 sous un beau soleil levant et une température déjà élevée .

Dès les premiers villages traversés, bariolés de jaune et de violet et décorés avec ferveur, ils se rendent compte que la gentillesse et l’implication des bénévoles et des ardéchois en général vont les accompagner tout au long des trois jours. Officiellement, les ravitaillements ne sont prévus que le samedi par l’organisation, et les autres jours, les cyclistes sont en autonomie complète. Mais c’est sans compter sur la générosité des villageois qui proposent dès le mercredi de quoi boire et se nourrir, et souvent avec des préparations locales ou maisons; ah,délicieuses charcuteries ou subtil gâteau à la châtaigne; comment résister et ne pas s’arrêter pour faire honneur à tant de dévouement ! 

Après une mise en jambes rapide avec un très court mais pentu raidillon, les kilomètres, les villages en fête et de petits cols s’enchaînent. La première grosse difficulté se présente alors, le col de la Faye (1019m ), avec au sommet de joyeux gitans ardéchois qui les attendent en dansant au son des guitares. Des encouragements bienvenus pour le pauvre Francis, déjà accablé par le manque de sommeil et pour qui la journée va être longue, alors que nous n’en sommes pas tout à fait à la moitié de cette première étape. Le ravitaillement à Albon sera l’occasion de se poser un peu, et de manger un sandwich à la saucisse ardéchoise aussi bonne que celle de Lulu ! Ils repartent ensuite vers de nouvelles petites envolées à l’ombre des châtaigners qui font penser à nos routes cévenoles. Le col de la Fayolle ( 877m ) franchi, une longue descente les mènent dans la vallée jusqu’à Privas d’ou ils escaladent le long col du Bénas ( 795m ) au bitume impeccable et aux longs lacets qui serpentent à découvert, et offrent une belle vue sur l’horizon encombré de nuages. Encore une belle descente qui les rapproche du but, mais les organismes commencent à souffrir de la fatigue et de la chaleur étouffante qui règne dans le sud de l’Ardèche. D’ailleurs le ciel est maintenant menaçant; des éclairs zèbrent les nuages noirs et par endroit les routes sont humides, signe que la pluie n’est pas très loin. Fort heureusement, les coureurs rouleront au sec sur la vingtaine de kilomètres très vallonnée les menant à St Rémèze, village-étape de cette première journée. Saluons le gros moral de Francis, en galère depuis un moment et qui termine au courage.

Une fois le camping trouvé, une remise à niveau protéinique à base de houblon bien frais est de mise; puis c’est l’installation par deux dans les bungalows, la douche bienvenue et le repas du soir partagé avec d’autres compagnons cyclistes.

Vendredi 16 juin 2017 : St Rémèze – Cros de Géorand  ( 185Kms )

Après un petit déjeuner rapidement avalé, le départ s’effectue vers 7h avec un vent déjà présent et qui hélas sera de la partie la journée durant. Le début de parcours emprunte une belle route descendante qui offre à nos cinq cyclistes une superbe vue sur le début des gorges de l’Ardèche et sur le magnifique village gardois d’Aiguèze qui trônent sur la rive opposée; village qu’ils rallieront après avoir traversé la rivière au niveau de St Marcel d’Ardèche et ou les attend un sympathique ravitaillement maison. Les kilomètres suivant sont sans grandes difficultés mais ils savent que le plus dur sera pour l’après midi avec des cols dépassant les 1000 mètres d’altitude. Prudemment, Francis décide alors de couper au plus court pour rejoindre l’hébergement du soir, et insiste pour rester seul. A regret, ses quatre compagnons filent donc vers d’autres routes et villages décorés, en goûtant une omelette façon Madagascar à Labastide-Virac, ou prenant la pose avec Cléopâtre et Ptolémée à St-Paul le Jeune. Puis c’est la montée sur Banne, avant de regagner Les Vans vers midi ou une halte déjeuner leur permet de souffler et de se rafraichir à l’ombre des platanes. La deuxième partie de l’étape débute par une longue portion d’une vingtaine de kilomètres le long du Chassezac, façon côte de Carnas, et avec des rafales de vent de face assez désagréables. C’est dans un décor du monde enchanté de Disney qu’ils atteignent Sainte Marguerite-Lafigère, mais ils vont vite déchanter en abordant les premières pentes du col de la Teste rouge ( 1079m ), surnommé à juste titre le petit Galibier ardéchois. En effet, comme dans tous les cols d’importance qu’ils ont affrontés, des panneaux indicatifs jalonnent la route, au début du col puis à chaque kilomètre, révélant les précieuses informations sur l’altitude, les pentes moyennes et maximales sur le kilomètre à venir. Dans ce col de 14 kilomètres, les 7 derniers oscillent entre 7% et 9%; autant dire qu’avec la chaleur, les jambes seront très lourdes au sommet. D’autres cols un peu moins difficile mais toujours en altitude et donc en plein soleil, alterneront ensuite avec les arrêts dans les villages aux fontaines rafraîchissantes. Depuis Borne, ils escaladent alors le col du Pendu (1435m ) qui dans ses dernières courbes offrent un magnifique panorama sur la forêt domaniale du Tanargue. La descente vers Mazan-L’Abbaye sera la bienvenue, et après la traversée de St Cirgues en Montagne, les cyclistes touchent enfin au but; il ne reste plus qu’à trouver le gîte du paradoxe perdu, localisé sur la route menant au barrage de la Palisse. Ils retrouvent alors Francis, arrivé une paire d’heure plus tôt et qui a pu se reposer un peu. Une fois l’installation dans le grand dortoir de sept lits effectuée, les teyrannais partagent avec d’autres cyclistes, un très bon repas préparé par leurs hôtes féminines, échangeant leurs impressions sur la journée passée et abordant celle à venir; pour le dernier jour, 185 kms sont prévus et après avoir consulté la documentation des parcours, il est communément décidé d’alléger les festivités de 40 kms, afin de terminer tous ensembles. Après ces bonnes considérations, l’heure est venue de s’octroyer un repos bien mérité. 

Samedi 17 juin 2017 :  Cros de Géorand – St Félicien  ( 145Kms ) 

C’est par une température fraîche que s’élancent nos cinq amis, mais rapidement, le col de Gage avec ses 3kms entre 7% et 8% se profile en guise de réchauffement. Puis en descendant vers le lac d’Issarles et en filant vers Sainte Eulalie, ils rencontrent de plus en plus de coureurs inscrits sur les différents parcours et se dirigeant comme eux vers le Mont Gerbier-de-Jonc ( 1417m ), ou une réunion au sommet est improvisée pour décider de la suite des festivités. Finalement, Stéphane et Patrice décident d’accompagner sagement Francis jusqu’à St Félicien en empruntant le parcours de l’Ardéchoise en 2 jours; ils rencontreront d’ailleurs les autres teyrannais inscrits sur cette formule, au ravitaillement de St Agrève. Quand à Eric et Manu, ils se dirigent sur l’itinéraire fixé la veille, qui les conduit vers les Estables en Haute Loire, d’ou ils repartent sur les monts ardéchois et le col de la Croix de Boutières ( 1506m ). Leur abnégation en est récompensée; il aurait été en effet dommage de rater la vue imprenable sur les sommets alpins émergeant au dessus des nuages et la longue descente par une route étroite et sinueuse qui leur offre un panorama fantastique. A La chapelle-sous-Chanéac, direction St martin de Valamas, d’ou ils regagnent le parcours final et la marée de cyclistes toujours plus importante et son niveau hétéroclite. Roulant à toutes les allures, certains souffrent dans les cols de Clavière ( 1088m ) ou de Rochepaule ( 892m ) malgré les encouragements plus nombreux et l’ambiance musicale de petits orchestres dispersés ça et là à l’ombre des châtaigners. La dernière ascencion du périple se présente alors, le col de Lalouvesc (1092m ), puis c’est une descente rapide vers St Félicien par le col du Buisson. Eric et Manu se font plaisir sur ces larges routes, et tout en étant prudent, ils doublent de nombreux cyclistes dont certains se calent dans leurs roues jusqu’à la ligne d’arrivée. Ils retrouvent alors leurs partenaires pour partager le plateau repas, et croisent également BB, Lulu, Jean-Claude et Alain .

Cette édition 2017 s’achève et chacun regagne alors son domicile en emportant avec lui de merveilleux souvenirs de paysages, d’efforts et de convivialité . 

Merci à Manu Crespin pour ce récit détaillé.